© 2019 Sybille du Hays

Works

Silence

Installation in-situ - trois plaques de tôle à chaud et paraffine - 1m75(x2) et 1m90 x1m
2012

 

 

 

L’accumulation de cire dégoulinante sur ces trois parois d’acier est partie d’une observation : les cierges aujourd’hui déposés dans les églises ne fondent plus mais se consument. Réponse pratique au trop plein de cire qu’il fallait gérer avant. Mais cette cire accumulée dans les porte-cierges était le résultat du nombre de prières qui avait été faites. La prière étant pour moi révélatrice de peurs, de manques ou de besoins, ce constat révèle que l’institution religieuse préfère ne plus avoir à faire face à ce trop plein de cire auquel elle ne peut répondre. J’ai donc choisi de travailler avec cette matière disparue des églises et d’en faire déborder ce retable d’acier.

 

Il y a ici un manque de lumière pour ne pas dire annulation. On est devant quelque chose de froid de quasi mort, des cendres froides. Il y a quelque chose de mortuaire. J’ai annulé la lumière qui est théologiquement la preuve de la prière.

 

Cette pièce est réalisée in situ, car elle est nourrie par des observations au sein du lieu de l’église et il me paraissait important de travailler quelque chose à même un espace. Les dimensions rappellent l’architecture, par exemple l’élément de la porte.

 

Ce travail reprend la forme du retable. Le retable est une construction verticale sculptée ou peinte disposée à l’arrière du maître-autel (autel principal) dans une église. Un retable est en général composé de 2 ou 3 panneaux verticaux et un horizontal. Cet objet arrive vers le XIème siècle suite à une réforme de la pratique de l’eucharistie. Il va prendre la place du haut clergé situait alors à l’arrière de l’autel. Le choix de cette forme comme étant la remplaçante d’une partie de l’institution religieuse, fut un point important. 

Silence - Installation in-situ - three sheet of stell with white paraffin - 1m75(x2) et 1m90 x1m

2012 

 

 

 

The idea of the accumulation of wax dripping on those three steel walls started with two diferents observations.

 

First, the candles used today in churches do not melt anymore but evaporate. It seems a practical response to the overflow of wax that had to be managed in the past. The wax accumulation on to the candles holder is the result of prayers that have been made. For me, prayers mean fears, lacks or needs. This situation has made me reflect on the fact that the religious institution prefers not having to deal with this overflow of wax. From there, I chose to work with this abandoned material from churches and to overflow the wax on this steel altarpiece.

 

The second observation is about the altarpiece form. The altarpiece is a vertical construction carved or painted, located behind the main altar. An altarpiece is generally composed of 2 or 3 vertical and 1 horizontal panel. This object originated from the eleventh century following a reform of the practice of the Eucharist. It replaced the position of the higher clergy who then stood at the back of the altar. So I chose to use this form as a symbol of the replacement of the church institution.

 

Here, I have imposed a total lack of candle-light, the theological proof of prayer, as a representation of the cold ashes of the dying body of the Church institution.